lettre83 - page 4

4
|
A
près un hommage aux membres disparus de notre
Compagnie par le Président Erik Desmazières, Édith Canat
de Chizy, Vice-Présidente, a proclamé le palmarès 2016 récom-
pensant une cinquantaine d’artistes de tous âges et de toutes
disciplines.
La séance a été ponctuée par les interventions de l’Ensemble
vocal De Caelis, sous la direction de Laurence Brisset, lauréat du
prix Liliane Bettencourt pour le Chant choral, et de l’Orchestre
Colonne, dirigé par Laurent Petitgirard, qui, selon la tradition, a
clos la cérémonie par l’interprétation de La Fanfare de La Péri de
Paul Dukas. Précisons que l’œuvre Envers IV, de Philippe Leroux,
dont la création mondiale a été assurée à cette occasion par
l’Orchestre Colonne, est une commande de la Fondation Simone
et Cino del Duca sur proposition de l’Académie des Beaux-Arts.
Le Secrétaire perpétuel Arnaud d’Hauterives a prononcé un
discours intitulé : « Les arts non européens et la peinture ». En
voici un extrait :
Comme le dit si bien Henry Moore, l’art « est une activité
universelle et continue sans séparation entre le passé et le
présent. »
Et c’est bien cette idée qui m’animait, jeune étudiant à
l’école nationale des Beaux-Arts, lorsque je poussai la porte d’une
Le 16 novembre dernier, sous la Coupole de
l’Institut de France, a eu lieu la séance solennelle
de l'Académie des Beaux-Arts.
Séance publique annuelle
des cinq Académies
Tous les ans, le mardi le plus proche du 25 octobre, date
de la création de l’Institut de France en 1795, les cinq
Académies qui le composent se réunissent sous la Coupole
pour leur Séance solennelle de rentrée, afin de réaffirmer
ses valeurs et son rôle dans le perfectionnement et la
diffusion des savoirs. Le thème choisi pour la séance 2016
était « Le risque ».
Après l’ouverture par Gilbert Guillaume, Président de l'Institut
de France, suivaient les communications des délégués des cinq
académies : Denis Kessler (Académie des Sciences morales
et politiques), Jean-François Bach (Académie des Sciences),
François Déroche (Académie des Inscriptions et belles-lettres)
et Erik Orsenna (Académie française). L’Académie des Beaux-
Arts était représentée par Édith Canat de Chizy, vice-présidente
et membre de la section de Composition musicale, qui prononça
un discours intitulé « Le risque de la création ». Extrait :
 Il ne peut y avoir d’art sans risque » disait le
compositeur Maurice Ohana. Risque qu’il a lui-même
traversé dans un parcours solitaire, à contre-courant des
esthétiques dominantes de l’époque, risques multiples
qu’implique la création artistique, risques qu’il faut oser
prendre pour pouvoir construire une œuvre. À commencer
par celui des pressions familiales et sociales, telles que les ont
vécues Cézanne, Gauguin, Van Gogh, et qui les ont amenés à
d’inévitables ruptures. Histoire d’une différence dont l’artiste
prend conscience souvent très tôt, parfois confusément et
douloureusement, différence qu’il faut alors assumer pour
exister, épreuve que j’ai moi-même traversée. [...]
Cette liberté du créateur peut le confronter au risque de se
perdre dans son imaginaire. Il y a en effet une relation fragile
entre la réalité et l’univers singulier qu’il se crée, une ouverture
sur l’inconnu où l’artiste risque de se perdre sans parvenir à la
réalisation de l’objet, ou entrer dans une fusion totale avec lui.
A contrario
, cette nouvelle perspective peut être une formidable
source d’inspiration, comme le dit René Char : « Comment
vivre sans inconnu devant soi ? ». Cet inconnu se manifeste
d’abord par l’irruption du hasard dans l’élaboration de l’œuvre :
la logique échappe au créateur, il doit suivre l’imprévisible
évolution de ce qu’il avait au préalable imaginé. [...] »
En haut : Au centre, le Président de l'Institut Gilbert Guillaume était entouré
des délégués des cinq académies : Denis Kessler, Édith Canat de Chizy,
François Déroche, Jean-François Bach et Erik Orsenna. Photo Sabine de Rozières
1,2,3 5,6,7,8,9,10,11,12,13,14,...40
Powered by FlippingBook