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hommages
RENÉ QUILLIVIC
René Quillivic, membre de la section de Gravure, est
décédé le 20 juillet. Il avait été élu dans notre Compagnie
en 1994 au fauteuil d'André Jacquemin. Son confrère
Pierre-Yves Trémois lui rend hommage.
Photo Juliette Agnel
René, nous connaissons ton œuvre multiforme,
profonde, mais tu étais si secret. Tu avais parfois ce côté
« bougon » ! Alors on se disait : il a mauvais caractère... non,
tu avais seulement du caractère, et même on découvrait cette
gentillesse qui est souvent l'apanage des « Bretons ».
Ce sont parfois des menhirs de granit, mais aussi des galets
d'une douceur érodée par les vagues de l'océan.
La Monnaie de Paris peut s'enorgueillir de tes nombreuses
réalisations, telles les médailles doubles dont tu as été l'initiateur
et les médailles en taille directe dans l'acier.
Tu disais à notre ami Claude Abeille que graver c'était beaucoup
plus que dessiner, c'était inscrire, voire incruster dans la matière,
car tes gravures révèlent la trace d'une action.
Quand tu portais une œuvre nouvelle, un timbre
par exemple, tu en créais 250...
Cette originalité encore... comme si tu
désirais aller « jusqu'au bout ».
Alors tu étais Quillivic.
Tu avais la gravure dans le sang.
C'est un héritage dont tu étais fier.
Comme nous sommes fiers de t'avoir connu,
admiré et d'avoir eu le privilège d'être ton ami.
CHARLES
CHAYNES
Élu, en novembre 2005, dans la section de Composition
musicale au fauteuil de Marius Constant, Charles Chaynes,
disparaissait le 24 juin dernier.
Photo Brigitte Eymann
N
é à Toulouse en 1925, Charles Chaynes travaille la musique
dès son plus jeune âge avec ses parents, musiciens, profes-
seurs au Conservatoire. Il poursuit ses études au Conservatoire
National de Paris, où il obtient les prix de violon, harmonie, fugue,
composition, avant de se voir décerner le premier Grand Prix de
Rome en 1951.
Très marqué par les influences de Bartók et Berg, Chaynes explore
dans un premier temps l’écriture instrumentale exclusivement.
Mais à partir des années 1980, son œuvre se tourne résolument
vers la voix qui le fascine depuis l’enfance. Souvent inspiré par
les mythes antiques et les cultures non occidentales, il compose
quatre opéras : Erzsebet créé à l’Opéra Garnier en 1983 dans une
mise en scène de Michael Lonsdale, Noces de sang en 1986, Jocaste
en 1991, puis Cécilia en 1996 créé à l’Opéra de Monte-Carlo en
2000 dans une mise en scène de Jorge Lavelli.
Mais la carrière de Charles Chaynes est tout autant celle d’un
homme de radio, d’administration et de communication : entré
comme producteur à la RTF en 1956, il succède en 1964 à Marius
Constant en tant que directeur de France Musique, fonction
qu’il occupe pendant dix ans et où il milite activement pour la
généralisation du direct et l’ouverture au public. Il est ensuite
nommé en 1975 à la tête du service de la Création musicale à
Radio France, où, en prise directe avec la création contemporaine,
il joue un rôle actif dans la vie musicale française à partir de très
nombreuses commandes. Il exerce ainsi une influence importante
dans le renouveau de l’opéra en France.
Sa technique d'écriture est marquée par une profonde
indépendance. La recherche des sonorités, les combinaisons
des timbres toujours renouvelées, sont une constante de sa
production. Il a compris le sens des recherches de son temps,
y apportant sa contribution avec une vive invention.»
Claude Rostand
, Dictionnaire de la musique contemporaine
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