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a lenteur de l’estampe, la vivacité sportive, voilà deux tempo-
ralités bien contradictoires... Pourtant le xx
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siècle a vu
certains graveurs et lithographes représenter des manifestations
sportives, dans la lignée de Géricault et de sa fameuse lithogra-
phie de 1818, Les Boxeurs. Et de fait, c’est ce sport plus que tout
autre qui semble avoir en premier lieu inspiré les adeptes du noir
et blanc. On pense à George Bellows (1882-1925) qui produisit
de magnifiques lithographies en noir et blanc, très sculpturales de
combats de boxe. On pense par exemple à son A Stag at Sharkey’s
de 1917. Un autre artiste, illustrateur et graveur, complètement
oublié maintenant, Robert Riggs (1896-1970), illustra aussi avec
talent ce sport. En France, l’artiste qui fut le plus séduit par cet
univers et qui connaît aujourd’hui une sorte de purgatoire, fut
André Dunoyer de Segonzac (1884-1974). Il s’intéressa de près à
tous les sports, à la danse également, et réussit avec succès à fixer
l’instantané du mouvement dans des eaux-fortes très libres. Outre
les rings, il fréquenta assidument les stades, le Vélodrome d’hiver
et illustra toutes sortes de compétitions sportives, natation,
cyclisme, athlétisme, avec toutefois lui aussi une prédilection
Illustrations : André Dunoyer de Segonzac (1884-1974), gravures à
l’eau-forte extraites de
Tableau de la boxe
par Tristan Bernard, 1922,
Éd. de la Nouvelle Revue française.
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