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jusqu’à la dépression sur les mêmes motifs, une maison rouge,
des marins dans la neige, le couchant regardé en face, la nuit
boréale – Munch.
Comment peindre de face l’éclat éblouissant du soleil, avec de
simples couleurs à l’huile sur une simple toile ? Comment peindre
la neige dont l’éclat et la blancheur ne cessent de varier à la
moindre nuance de la lumière ? Comment suggérer les mouve-
ments et variations de la lumière sur l’eau, malgré l’immobilité
de la peinture ? Tous trois mettent ainsi la peinture à l’épreuve
de l’impossible.
L’exposition les suit pas à pas dans ces recherches en comparant
sans cesse leurs tentatives, en organisant des confrontations
visuelles entre les trois artistes dans un espace repensé pour
l’occasion afin d’accueillir une vingtaine d’œuvre de chacun. Les
sujets, c’est-à-dire les problèmes : haute montagne, soleil, neige,
eau vive. Le parcours les réunit une dernière fois sousle signe de
la couleur dégagée du devoir d’imitation, jusqu’à leurs œuvres
ultimes, elliptiques et libres – si libres qu’elles n’ont guère été
comprises de leurs contemporains. Grâce à un partenariat excep-
tionnel entre le Munchmuseet d’Oslo et le Musée Marmottan
Monet, elle présente des œuvres du peintre norvégien qui, pour
certaines, n’ont jamais été vues à Paris. La générosité de plusieurs
collections privées suisses permet d’y réunir un ensemble Hodler
non moins exceptionnel, que ce soit par sa qualité ou sa rareté.
À gauche : Ferdinand Hodler,
Le Lac de Thoune avec le Stockhorn
, 1904,
huile sur toile, 71 x 105 cm. Collection Christoph Blocher
Au centre : Claude Monet,
Coucher de Soleil
, 1883, huile sur toile, 60 x 73 cm.
Musée des Beaux-Arts, Nancy © C. Philippot
Ci-dessus : Edvard Munch, Avenue sous la neige, 1906, huile sur toile, 80 x 100 cm.
Musée Munch, Oslo © Munch Museum
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