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nique et de chimie qui évoluait lentement. En numérique, l'appa-
reil devient un concentré d'optique de micromécanique et d'infor-
matique qui se perfectionne à grande vitesse. L'informatique
embarquée paramètre les réglages et assiste l'utilisateur avant
la prise de vue. Après cette dernière, l'image n'est plus que de
l'information pure sur laquelle on peut appliquer des algorithmes
qui deviennent de plus en plus sophistiqués.
Pour prolonger cette communication,
Frédéric Guichard
,
directeur scientifique de DxO Labs leva quelques voiles sur les
appareils du futur.
De plus en plus, les algorithmes corrigeront les défauts ou les
réintroduiront pour en faire des gestes artistiques, et modifieront
la réalité en faisant disparaître les voiles atmosphériques, en
lissant les visages... voire en appliquant le style de tel ou tel
photographe. L'appareil photographiera (photographie déjà)
en permanence et proposera un instant que le photographe n'a
pas obligatoirement choisi, en laissant le choix de cet instant. Il
pourra aussi enrichir l'image d'informations 3D.
Délaissant ces courses au progrès, la communication d'
Alain
Fleischer
, photographe, écrivain et directeur du Fresnoy, privi-
légia le côté paradoxal de l'image photographique, toute image
renvoyant nécessairement à ce qui n'existe déjà plus, de par son
pouvoir d'apparition, de réapparition, de « revenance ». Et ce en
contradiction avec le « ça a été » de Roland Barthes, puisqu'une
grande partie de ses œuvres sont des images de quelque chose qui
n'a jamais eu lieu, ni n’est visible à l'œil nu. Malgré cela, il reste
convaincu qu'il « n'a jamais cessé d'explorer le champ spécifique
à l'image argentique, et de questionner la photographie comme
image paradoxale ».
Enfin, la communication de
Dominique de Font-Réaulx
, conser-
vatrice en chef au Musée du Louvre, revint sur les grands enjeux
des liens qui s'établirent entre peinture et photographie au xix
e
siècle et sur les études réalisées dans la seconde moitié du xx
e
.
Ces dernières mettent en évidence l'histoire des interpénétrations
qui s'opérèrent entre les deux disciplines. Les historiens de l'art
ayant, jusqu'à une période récente, ignoré - occulté parfois - le
rôle et la place que la photographie avait prise dans les processus
créatifs des peintres.
En ce sens, l'exposition « Un siècle de vision nouvelle », réalisée
par Jean Adhémar en 1955, réunissant sur les mêmes cimaises des
peintures de Gustave Courbet, Édouard Manet, Claude Monet ou
Edgar Degas et des photographies de Gustave Le Gray, Jacques
Antoine Moulin ou Nadar, eut une influence déterminante pour la
compréhension historique. C'est ainsi que la publication par Aaron
Schaaf de Art and Photography, en 1968, lui doit beaucoup.
Bernard Perrine
, photographe,
correspondant de l'Académie des Beaux-Arts
En haut : Dominique de Font-Réaulx, conservatrice en chef au Musée du Louvre,
pendant son intervention. Photo Bernard Perrine
des Beaux-Arts
ur la photographie
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