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À
l’initiative de la Fondation Jean et Simone Lurçat, fondation
de l’Académie des Beaux-Arts née de la volonté de Simone
Lurçat de préserver et faire rayonner l’œuvre de l’artiste, cette
célébration s’inscrit dans le cadre des Commémorations natio-
nales, et donne lieu à une exposition, organisée par le Mobilier
national en partenariat avec l’Académie des Beaux-Arts, à la
Galerie des Gobelins du 4 mai au18 septembre 2016.
Il s’agit de la première exposition d’envergure à Paris depuis
celle organisée au Musée d’art moderne en 1958, puis celle
qui fut présentée aux Arts Déco en 1964. La scénographie de
l’exposition, confiée à Jean-Michel Wilmotte, s’articule autour
de l’évocation de la maison-atelier du peintre construite en 1925
par son frère l’architecte André Lurçat. Nous reviendrons dans le
prochain numéro sur cette maison léguée par la veuve de l’artiste
à l’Académie, magnifique exemple d’architecture parisienne du
Mouvement moderne.
Célèbre mais mal connu, Lurçat est identifié comme le « rénova-
teur de la tapisserie ». Il a à son actif près d’un millier de cartons
de tapisserie, l’œuvre tissé le plus important que nous ait laissé
un peintre au xx
e
siècle. L'importance de son œuvre tissé et la
singularité du mouvement dont il est chef de file demandent à
être remises en vue et en perspective pour le public actuel. Cette
exposition permet aussi de redécouvrir un peintre singulier qui
connut un vif succès en Europe et aux Etats-Unis, et rend compte
de l'ensemble des champs de création de cet artiste engagé dans
son époque et passionnément curieux du monde. Il s'exprime par
la poésie et, illustrateur inspiré, il est proche de grands poètes de
son époque (Apollinaire, Aragon, Rilke, Éluard, Rilke, Seghers... ).
L’exposition de la Galerie des Gobelins n’est pas une rétrospec-
tive qui aurait nécessité de parcourir le monde pour solliciter
de nombreux prêts. Elle est l’occasion d’évoquer le rôle des
grands commanditaires dans le succès de l’artiste, les commandes
publiques pour la manufacture nationale des Gobelins ; la
première tapisserie de Jean Lurçat tissée en 1936 par la manu-
Galeries des Gobelins
“Jean Lurçat,
Au seul bruit
du soleil”
2016 marque le cinquantenaire de la disparition de Jean Lurçat (1892-1966),
élu membre de l’Académie des Beaux-Arts le 19 février 1964, peintre poète,
artiste engagé dans son époque et surtout grand rénovateur de la tapisserie au xx
e
siècle.
Une œuvre à redécouvrir dans le cadre d’une exposition très attendue.
facture, Les Illusions d’Icare, offerte à la Reine de Hollande,
est présentée exceptionnellement avec son ensemble mobilier
d’origine. L’exposition met aussi en lumière l’importance, dès
le début des années quarante, des ateliers d’Aubusson dans ce
renouveau de la tapisserie. Le Vin, magnifique tenture tissée à
Aubusson pour décorer l’ancien Hôtel des Ducs de Bourgogne,
quitte pour la première fois Beaune pour être présentée au public.
L'œuvre de Lurçat est forte parce que l'artiste a su répondre aux
aspirations et aux besoins profonds de son époque : cette excep-
tionnelle aventure, au cœur du siècle, mérite d'être redécouverte.
« Jean Lurçat (1892-1966), Au seul bruit du soleil »
Galerie des Gobelins | 4 mai > 18 septembre 2016
Dans le cadre du cinquantenaire
de la disparition de Jean Lurçat :
La Cité internationale de la tapisserie et de l'art tissé,
à Aubusson, expose l’ensemble de son fonds Lurçat à
l’occasion de son inauguration | à partir du 10 juillet
« Jean Lurçat, aventures lotoises » à L’Atelier-musée des
Tours-Saint-Laurent, à Saint-Céré | 16 avril > 30 septembre
« Jean Lurçat (1892-1966) » au musée des
Beaux-Arts d'Angers | 11 juin > 6 novembre
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