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expos i t ion
Le bicentenaire de la création de l’Académie des Beaux-Arts,
dont Anne-Louis Girodet-Trioson (1767-1824) fut un des premiers
membres élus, offre l’occasion d’exposer les plus beaux dessins de
la collection du Musée Girodet de Montargis, actuellement fermé
pour d’importants travaux de rénovation et d’extension. Une
occasion de découvrir une œuvre méconnue, à la Salle Comtesse
de Caen de l’Institut de France.
R
eprésentant distingué de cette excellence de la main estimée par
l’Académie, Girodet forma son talent auprès des maîtres du xviii
e
siècle dont il collectionna les œuvres. La présentation de certaines
de ces feuilles – dont l’exceptionnel portrait funèbre de Diderot par
Greuze – et quelques études d’académiciens introduisent à son idéal du
dessin comme principe d’élégance, de justesse et de beauté. Un choix
de ses productions découvre toute la diversité de son talent graphique,
de l’exécution magistrale, propre à ses études de modèle, à la subtilité
délicate de ses portraits, tel celui inédit de lady Hamilton, jusqu’à la poésie de ses illustrations
pour Ossian et Virgile. Sous ce rapport de la maestria, les grandes feuilles spectaculaires de
son élève et intime ami Henry de Triqueti (1803-1874), ordonnateur et bienfaiteur du musée
sous le Second Empire, apparaissent comme un héritage aussi fidèle qu’exceptionnel.
Élu au fauteuil actuellement occupé par Arnaud d’Hauterives, Secrétaire perpétuel de
l’Académie, Girodet participa de manière active aux travaux de la Compagnie, en parti-
culier au « Dictionnaire des Beaux-Arts » et aux rapports sur la technique novatrice de la
lithographie.
Cette exposition consacrée à Girodet et à ses influences s’inscrit de manière
très opportune au sein de cette année de célébration du bicentenaire de notre
Académie ; je souhaite qu’elle permette à un large public de redécouvrir cet artiste dont la
vie riche et mouvementée, au sein d’une des périodes les plus troublées de notre histoire,
irrigua une œuvre complexe, personnelle et infiniment poétique. Celui qu’on peut considérer
comme le Chateaubriand du dessin - cette comparaison n’aurait pas déplu à celui qui
immortalisa de manière si magistrale l’auteur de René - allie en effet de manière absolument
nouvelle la maîtrise parfaite de l’héritage classique à l’exaltation des sentiments,
caractéristique du romantisme naissant. De l’exécution de ses académies à l’onirisme délicat
du Songe d’Ossian se déploie ainsi l’univers personnel et fascinant d’un de nos très grands
artistes. Je tiens ici à remercier Jean-Marc Bustamante, directeur de l’Ecole nationale
supérieure des beaux-arts pour le prêt du tableau Joseph reconnu par ses frères, œuvre
emblématique par laquelle Girodet remporta le Prix de Rome en une certaine année... 1789.
Arnaud d'Hauterives
, Secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts
Palais de l'Institut de France
“Anne-Louis
Girodet-Trioson”
Anne-Louis Girodet
de Roucy-Trioson :
Ci-dessus :
Joseph reconnu
par ses frères
, Prix de peinture de
l'Académie royale 1789,
huile sur toile, 113 x 144 cm.
© École nationale supérieure
des beaux-arts, Paris
À gauche :
Joseph reconnu
par ses frères
, étude de trois
frères agenouillés.
© Musée Girodet de Montargis
À droite :
Académie d’homme
assis le bras levé
, fusain.
© Musée Girodet de Montargis
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