La lettre de l'Académie des beaux-arts - page 4

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Palais de l'Institut de France
SÉANCE SOL
L'ACADÉMIE
Séance publique annuelle
des cinq Académies
Tous les ans, le mardi le plus proche du 25 octobre, date de la
création de l’Institut de France en 1795, les cinq Académies
qui le composent se réunissent sous la Coupole pour leur
Séance solennelle de rentrée. Leurs délégués y prononcent un
discours sur un thème choisi collégialement. Le thème 2015
était « La transmission ».
L’Académie des Beaux-Arts était représentée par le graveur et vice-
Président
Érik Desmazières
avec un discours intitulé : « L'art ne
s'enseigne pas, il se transmet ». En voici un extrait :
Il convient ici d’évoquer la transmission qui permet de
perpétuer l’acte de création. Cela part d’un constat, et
d’une permanence. En effet, aussi loin que l’on remonte dans le
temps, cette transmission de façon quasi magique est assumée et ce
invariablement et uniquement par l’artiste lui-même. À lui seul revient
de former de nouveaux artistes et il le fait dans un lieu bien circonscrit,
l’atelier. Il ne s’agit pas de dresser une histoire de l’enseignement ni de
ses contenus destinés à former les élèves.
Car peu importe ici la matière qui leur est donnée, les réformes et
contre-réformes. Ce qui compte, c’est la permanence de cette réalité,
du maître à l’élève ; au fond, « L’art ne s’enseigne pas, il se transmet ». »
Cette année, la Présidence de l’Institut était assurée par
Aymeric Zublena
, Président de l’Académie des Beaux-Arts. Voici un
extrait de son discours :
Oui, il y a une crise de la transmission. Les causes en sont
connues, et nombreuses, évoquons en quelques-unes.
Causes que nous appellerons techniques, dues à l’apparition des
puissants moyens de communication qui bouleversent les conditions
d’accès à l’information et au savoir. En constante évolution, toujours
plus sophistiqués, universels dans leurs applications et leur usage,
ces moyens ont, dit-on, rendu caduques les formes traditionnelles
de l’enseignement. Autre cause, moins souvent citée, celle de la
spécialisation des disciplines qui, générant à la fois leur autonomie et
leur interdépendance, rend complexe et illusoire la transmission d’un
savoir par un seul individu, aussi savant et cultivé soit-il. On assiste
ainsi à la multiplication des experts, à la divergence de leurs points de
vue, qui créent ce sentiment d’une connaissance parcellisée, émiettée,
en constante évolution, dont la valeur devient alors relative. »
En haut : les délégués de chacune des cinq Académies sur les marches du Palais de
l'Institut : Danièle Sallenave (Académie française), Rémi Brague (Académie des Sciences
morales et politiques), Pierre Laurens (Académie des Inscriptions et Belles lettres),
Érik Desmazières (Académie des Beaux-Arts), Jean-Louis Mandel (Académie des
Sciences) et le Président de l’Institut Aymeric Zublena. Photo Sabine de Rozières
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