La lettre de l'Académie des beaux-arts - page 33

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Ce système fit sans doute merveille sur d’autres ouvrages, mais,
à Royan, lorsque des carottages systématiques ont démontré la
présence de sable de mer dans toutes les parties de l’édifice - la
rumeur était donc bien fondée… - et de chlorures à forte dose au
cœur des bétons, on dut se résoudre à revenir à des techniques
traditionnelles.
Concernant les toitures des bas-côtés, leur état, tant de l’épiderme
que de leur constitution, était tel qu’aucun produit d’étanchéité ou
« peau » ne pouvait être utilisé, sans, en outre, risquer de dénaturer
l’aspect de béton brut voulu par l’architecte Guillaume Gillet.
Dans le cas d’une maçonnerie traditionnelle, une pierre altérée se
remplace. Dans le cas de bétons, monolithes, alors que tous les
bétons alentours sont incapables de tenir leur rôle structurel et de
couverture étanche, il n’y a pas d’autre solution que de le démolir
pour le refaire, en veillant aux dosages, à l’emplacement et à l’en-
robage des aciers. C’est ce qui fut choisi à Royan, en accord avec
la CRMH (Conservation régionale des monuments historiques) et
le LRMH (laboratoire de recherche des monuments historiques).
L’aspect brut de décoffrage a été respecté, tant dans les bétons
nouvellement mis en œuvre, que dans les ragréages, où l’em-
preinte des planches de sapin a été scrupuleusement refaite pour
s’intégrer aux bétons avoisinants.
Les meneaux en V, en brique remplis de béton, des tourelles ou
de l’auvent, ont été refaits également à l’identique puis recouverts
d’une barbotine de ciment, comme à l’origine.
Les travaux sont en cours et se poursuivront encore durant deux
ans environ.
caux des élévations extérieures, conçus par l’ingénieur Lafaille,
mais aussi sur les marches des tourelles extérieures, les poutres de
l’auvent d’entrée, ainsi qu’en sous-face des toitures des bas-côtés.
Du fait de l’éclatement des bétons par l’oxydation profonde des
fers et des fissurations, ces toitures n’étaient plus à même de jouer
leur rôle de couverture. La chute de plus en plus importante de
morceaux de béton dans, et autour de l’édifice, imposèrent des
travaux de réfection.
Les premières campagnes de restauration ont été menées par
Philippe Oudin, Architecte en Chef des Monuments Historiques,
dans les années 1990. On utilisa les techniques dites « tradi-
tionnelles » de purge, de passivation des aciers et de ragréages.
Quelques années plus tard, lorsqu’à mon tour je fus chargé
des travaux de restauration, on se tourna vers des laboratoires
spécialisés dans le traitement des bétons par réalcalinisation.
ATION
DE L’ÉGLISE
E DE ROYAN
ents Historiques
À gauche et en haut : l'église Notre-Dame
de Royan conçue par l' architecte Guillaume Gillet.
Inaugurée en 1958, elle est considérée comme un
chef-d'œuvre de l'architecture moderne. Photos DR.
Ci-dessus : corrosion des aciers des
poutres des toitures des bas-côtés.
Ci-contre : vue intérieure des toitures
des bas-côtés avant travaux
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