La lettre de l'Académie des beaux-arts - page 31

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L‘architecture est la science des correspondances subtiles ».
Cette définition, héritée de la tradition hindoue, pourrait servir de fil
conducteur pour saisir l’exceptionnelle qualité du Palais de l’Institut et
conduire son évolution.
L’épaisseur historique du site induit un point d’appui pour concevoir le
projet : voir le lieu comme un palimpseste.
C’est particulièrement vrai pour la parcelle de l’An IV, où subsistent, avec la
valeur d’éléments structurants, le tracé de l’enceinte de Philippe Auguste,
l’emprise du « jardin du directeur » et les « nouveaux ateliers ».
Ces éléments entremêlés, une fois mis en relation avec la cour 3 et les
édifices qui la cernent, dressent les grands axes du projet.
La parcelle est dégagée de toute emprise au sol au droit de la cour, pour
retrouver la pleine largeur du jardin qui s’y trouvait.
La cour peut alors se dilater jusqu’au mur de l’enceinte de Philippe
Auguste, redonner sens à la véritable colonne vertébrale du site, pour
proposer un vide, une amplification du sol. La halle conservée devient alors
un filtre, qui sans limiter la nouvelle ampleur visuelle de la cour, restitue sa
limite séculaire.
Les salles de réunion sont adossées au pignon de l’Hôtel de la Monnaie et
suspendues au-dessus du foyer. L’auditorium se place en fond de parcelle.
Les trois entités : hall, bureaux et auditorium, restent distinctes, à la fois
séparées et liées par des failles de lumière qui dessinent leur pourtour.
L’ambiance lumineuse douce et agréable accentue encore l’effet de
légèreté des volumes au-dessus du sol, ici en forme de socle massif.
Ces grandes lignes de la conception, pour dire que le projet propose,
in
fine
, comme principe fondateur, de s’immiscer dans le faisceau complexe
des interrelations qui lient les éléments constituant le Palais ; elles font
ainsi entrer en résonance le nouvel aménagement avec la tradition de
l’Institut et son avenir.
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