La lettre de l'Académie des beaux-arts - page 3

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Le mercredi 10 juin 2015, Thierry Escaich, élu membre de la
section de Composition musicale le 6 mars 2013 au fauteuil
précédemment occupé par Jacques Taddei (1946-2012), est
reçu à l ’Académie des Beaux-Arts par son confrère Laurent
Petitgirard sous la Coupole de l’Institut de France.
C
ompositeur, organiste et improvisateur, Thierry Escaich
est une figure majeure de la scène musicale contemporaine
et l’une des plus originales ; il considère les trois aspects de son
art comme des éléments indissociables, concourant dans un
même élan à traduire un univers intérieur foisonnant, un besoin
irrépressible d’expression.
Né en 1965, Thierry Escaich enseigne depuis 1992 l’improvisation
et l’écriture au Conservatoire national supérieur de musique et
de danse de Paris, où il a lui-même remporté huit premiers prix.
Titulaire depuis 1997 de la tribune de Saint-Étienne-du-Mont
à Paris, où il succède à Maurice Duruflé, il se produit comme
organiste dans le monde entier en mêlant œuvres du répertoire,
improvisations et ses propres compositions.
En tant que compositeur, il se fait remarquer en remportant le
prix de la Fondation franco-américaine Florence-Blumenthal
(1989), puis avec des œuvres comme le Concerto pour saxophone,
le Chant des ténèbres ou Ad ultimas laudes, pour douze voix
mixtes. Son œuvre comporte aujourd’hui une centaine de pièces,
THIERRY
ESCAICH
À gauche : la section de Composition musicale était réunie autour de
Thierry Escaich, au centre. De gauche à droite : Gilbert Amy, Charles Chaynes,
Édith Canat de Chizy, François-Bernard Mâche, Jean Prodromidès,
Michaël Levinas et Laurent Petitgirard.
Photos Juliette Agnel
qui séduisent un large public par leur refus de l’expérimentation
stérile, leur hédonisme sonore, leur fièvre rythmique.
S’il compose volontiers pour son propre instrument, son style
transparaît aussi bien dans l’intimité de la musique de chambre
que dans de vastes fresques comme Chaconne (2000) et Vertiges
de la croix (2004) pour orchestre, ou Le Dernier Évangile,
oratorio pour double choeur, orgue et orchestre (1999). En
2010, il compose un ballet pour le New York City Ballet, et son
premier opéra, Claude, sur un livret de Robert Badinter d’après
Claude Gueux de Victor Hugo, est créé à l’Opéra national de
Lyon en 2013. Sa passion pour le cinéma le conduit à improviser
régulièrement sur des films muets tels que Le Fantôme de l’Opéra
et Métropolis.
Thierry Escaich a été compositeur en résidence auprès des
orchestres nationaux de Lille, de Bretagne, et collabore avec le
New York Philharmonie ou l’Orchestre de Paris. Sa musique
est inscrite au répertoire des plus grands orchestres, aussi bien
en Europe qu’aux États-Unis ; elle est défendue à travers le
monde par le chœur de Radio France, le chœur de la BBC et des
musiciens tels que Paavo Järvi, Valery Gergiev, Lothar Zagrosek,
Renaud et Gautier Capuçon, Paul Meyer, John Mark Ainsley ou
le Quatuor Voce.
D'où vient qu'un homme aussi discret écrive une
musique à ce point flamboyante ?
Peut-être parce que la musique a toujours été partie intégrante
de votre vie, qu'elle est devenue un acte simple et lumineux du
quotidien, ne laissant place à aucune vanité.
Vous l'avez abordée avec l'humilité d'un artisan, dans une remise
en question permanente de votre création, ce que vous avez
décrit en une formule toute simple : « Composer, c'est enfoncer le
même clou toute sa vie ».
Mais en même temps, l'importance que vous accordez dans votre
vie à l'improvisation, que vous qualifiez d'énergie primaire et
dont la spontanéité vous est essentielle, nous rappelle que vous
êtes avant tout un créateur ouvert et curieux de tout ce qui peut
enrichir son esprit. »
Extrait du discours prononcé par Laurent Petitgirard
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